La plateforme de streaming Qobuz a annoncé de nouvelles mesures pour identifier et gérer la musique générée par intelligence artificielle sur son service. Grâce à un système de détection interne et à la publication d’un AI Charter, l’entreprise souhaite apporter plus de transparence aux auditeurs tout en protégeant la visibilité et la rémunération des artistes humains.
Le service français de streaming et de téléchargement Qobuz a mis en place un système de détection développé en interne afin d’analyser les morceaux entièrement générés par intelligence artificielle. Cette technologie est appliquée aussi bien aux nouvelles publications qu’à l’ensemble du catalogue existant de la plateforme.
Lorsqu’un morceau est identifié comme étant généré par IA, cette information sera progressivement visible dans les applications Qobuz dans les prochains mois. L’objectif est de permettre aux utilisateurs de connaître plus clairement l’origine de la musique qu’ils écoutent.
Selon l’entreprise, la technologie continuera d’être améliorée afin de distinguer avec davantage de précision les œuvres créées par des artistes humains et celles produites par des systèmes d’intelligence artificielle. Qobuz se réserve également le droit de refuser ou de supprimer des contenus considérés comme frauduleux. Cela inclut notamment les morceaux imitant des artistes existants ou cherchant à manipuler artificiellement les statistiques d’écoute.
Sélection musicale humaine
En parallèle des outils techniques, Qobuz souligne que la curation musicale humaine reste un élément central de son service. Les playlists, sélections d’albums et recommandations sont élaborées par une équipe éditoriale et non par des systèmes entièrement automatisés.
Cette approche vise à limiter la visibilité de contenus générés industriellement par l’IA. Les pages de découverte musicale et les recommandations éditoriales mettent donc l’accent sur les œuvres d’artistes humains. Les morceaux générés par intelligence artificielle ne seront pas inclus dans ces sélections éditoriales.
Selon Qobuz, cette méthode doit permettre aux auditeurs de découvrir de nouvelles musiques grâce à l’expertise et à la sensibilité d’une équipe éditoriale, plutôt qu’à travers des algorithmes principalement optimisés pour le volume et les données.
Mesures anti-fraude et protection des artistes
L’introduction du système de détection s’inscrit dans un ensemble plus large de mesures liées à la fraude et aux droits d’auteur. Qobuz indique que les écoutes jugées suspectes ne seront pas comptabilisées dans les rapports ou dans le calcul des royalties. Lorsqu’un contenu généré par IA est identifié, il peut également être retiré du catalogue.
La plateforme précise également qu’elle ne produira pas elle-même de musique générée par IA pour son catalogue. Elle affirme aussi ne pas remplacer la curation humaine par des systèmes automatisés et ne pas utiliser les données clients pour entraîner des modèles d’IA externes.
Le débat autour de l’intelligence artificielle dans l’industrie musicale prend de l’ampleur. Qobuz cite notamment une étude de la CISAC indiquant que les créateurs pourraient perdre environ 10 milliards d’euros de revenus d’ici 2028 à cause de la musique générée par IA, soit près de 24 % de leurs revenus. Dans le même temps, l’IA générative pourrait générer environ 4 milliards d’euros par an grâce à l’utilisation non licenciée d’œuvres existantes.
Une plateforme centrée sur la qualité audio
Fondé en 2007, Qobuz propose aujourd’hui un catalogue de plus de 100 millions de titres. Le service se distingue par le streaming et le téléchargement en formats lossless et Hi-Res allant jusqu’à 24-bit / 192 kHz.
La plateforme est actuellement disponible dans 26 pays et combine streaming musical, téléchargement d’albums et contenu éditorial comme des playlists, articles et livrets numériques. En 2025, Qobuz a également annoncé que la rémunération moyenne par stream avait été auditée indépendamment à 0,01873 dollar.
Avec son AI Charter et son système de détection, Qobuz souhaite affirmer que la découverte musicale sur la plateforme reste avant tout guidée par l’expertise humaine plutôt que par une production massive de contenus générés par intelligence artificielle.




























