Banc d’essai : les enceintes Klipsch The Fives. Un son qui vous plonge au cœur de la musique 

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Si on vous dit « haut-parleur à pavillon », il est presque certain que vous penserez automatiquement au nom Klipsch. C’est en 1946 que Paul Klipsch a démarré l’histoire de sa célèbre marque avec la légendaire enceinte Klipschorn, calculée pour donner le meilleur d’elle-même en étant placée dans un coin. Cette très bonne idée consistait à utiliser l’acoustique de la pièce pour renforcer naturellement la réponse  en grave malgré avec une longueur de pavillon interne relativement modeste. Idée tellement bonne que les Klipschorn, dans une version à peine modernisée, est toujours fabriquée – et vendue ! aujourd’hui.

Klipsch The Fives banc d'essaiOn peut ainsi dire que le pavillon est devenu la marque de fabrique de Klipsch. On retrouve le pavillon jusque dans les enceintes les plus modestes de la marque américaine, principalement pour reproduire le médium-aigu, tandis que les graves sont reproduits par un haut-parleur classique chargé par une enceinte de taille plus conforme aux standards des intérieurs exigus des grandes villes européennes et asiatiques.

En feuilletant le catalogue actuel de Klipsch, on pourrait croire que c’est par pur opportunisme que le service marketing de la marque surfe sur la vague vintage en proposant des modèles semblant directement issus des années ’60. Il n’en est rien. De même qu’une main heureuse  réussit à sortir du four de nos jours la fameuse tarte aux myrtilles de nos grand-mères, de même les ingénieurs actuels de chez Klipsch œuvrent à utiliser les mêmes recettes qui ont tant fait pour la reproduction musicale de qualité à l’époque de l’âge d’or de la Hifi. De même que l’on ne peut obtenir dans les muffins industriels la même saveur chargée d’émotion que dégageait la fameuse tarte familiale, de même il est pratiquement impossible de retrouver dans la plupart des maigres réalisations acoustiques contemporaines ce gros son charnu et chaleureux qui ravissait les mélomanes des sixties. Une grosse caisse carrée en bois avec des pavillons et des haut-parleurs à haut rendement, ça sonne. Et Klipsch n’en démord pas : les séries Heritage haut de gamme ne font que perpétuer l’efficacité et la dynamique que parvenaient à faire ressortir ces réalisations datant de plus de 60 ans…

“Incroyable à quel point les Klipsch The Fives sont petites !”

Et pourtant les ingénieurs de Klipsch ont réussi un véritable tour de force en rendant digne d’entrer dans la famille Heritage les nouvelles enceintes relativement compactes The Fives.

Technologie et encombrement

Car elles le sont, petites, les nouvelles Klipsch The Fives ! À peine 165 x 305,5 x 240 mm. Ce qui en soi est minuscule pour une enceinte Klipsch ! Les Fives sont des enceintes actives, intégrant une électronique de qualité. Chaque transducteur dispose de sa propre amplification : 60 W pour le woofer et 20 W pour le tweeter à pavillon. Ces enceintes sont ainsi capables de générer du son tenant dans une plage de fréquences allant de 50 Hz à 20 kHz avec une pression sonore maximale de 109 dB. Les deux haut-parleurs prennent tellement de place sur le baffle avant de l’enceinte que l’évent de décompression, en forme de pavillon Tractrix propre à la marque, doit trouver sa place à l’arrière. On sait que cette disposition, avec de petites enceintes, présente l’avantage que la section de grave  généralement plus faible peut être acoustiquement amplifiée en plaçant l’unité près d’un mur arrière ou même dans un coin d’une pièce. Le savoir faire du fabricant se mesure alors à la qualité des graves obtenus de cette manière.

Klipsch The Fives banc d'essai

La finition n’essuie aucun reproche. Les enceintes qui ont été mises à ma disposition pour réaliser ce test sont finies en vrai placage de noyer américain. Ce n’est pas la même qualité de placage que celle que l’on retrouve par exemple avec le modèle Heresy IV, beaucoup plus onéreux, mais les The Fives ont quand même belle allure.  La grille sur cadre maintenu sur la face avant par des fixations magnétiques est en tissu gris, grossièrement tissé et marqué par quelques plissements. Le côté « vintage » n’échappe pas à la vue. Une autre finition disponible est le noir mat, avec un autre type de grille soulignant le côté rétro. Ces enceintes, étant donné leurs dimensions, ne posent aucun problème de placement, sur un meuble ou dans une bibliothèque. 

Branchements

L’une des unités, à droite ou à gauche à votre choix, contient toutes les connexions aux sources et à l’alimentation, tandis que l’autre unité doit être connectée à la première par un unique câble non standard de 4 mètres de long. Malheureusement, cela comporte un inconvénient.  Ce câble non allongeable est trop court dans certaines configurations de placement. De plus, les sources, généralement placées au centre des deux enceintes, devront toutes être raccordées à l’enceinte-mère, ce qui peut nécessiter des câbles plus longs et risque de se retrouver avec des bottes de câbles disgracieux dans certains aménagements. Cela dépendra bien sûr entièrement de votre situation spécifique. Heureusement, l’enceinte-mère dispose aussi d’une connexion Bluetooth pour ceux d’entre vous totalement réfractaires aux câbles. 

Klipsch The Fives banc d'essaiCela dit, il faut souligner que les options de connexion sont dignes d’un ampli intégré : outre le Bluetooth, vous avez droit à une connexion optique, un port USB avec traitement des fichiers audio par un DAC 24 bits / 192 kHz, une entrée HDMI-ARC, une entrée jack 3,5 analogique stéréo et une entrée analogique stéréo par prises RCA commutable ligne / phono.  Et oui ! Vous pouvez raccorder directement une platine vinyle avec cellule MM sur les enceintes Klipsch The Five !

Pourquoi une entrée HDMI-ARC, alors que les Fives ne traitent pas l’image ? ARC signifie Audio Return Channel : c’est une fonction qui garantit que le téléviseur peut utiliser un câble HDMI pour renvoyer le signal audio de la source lue à un amplificateur ou à des enceintes actives telles que les Klipsch. Ainsi, vous ne devez pas raccorder directement vos différentes sources à celles-ci, ce qui vous fait une grande économie en câbles, car un seul câble HDMI suffit alors.  Grâce à cette entrée HDMI-ARC, l’entrée Toslink, généralement utilisée pour transmettre le son TV en numérique, peut servir pour une source différente.

Dans la pratique

La connexion d’une platine vinyle directement à un système d’enceintes actives est si inhabituelle que j’avais hâte de la tester. J’ai toujours dans ma collection de matériels une Rega P3 prête à faire chanter mes vinyles. Pour chance, mon meuble Hifi est juste à côté de l’endroit où j’avais disposé l’enceinte-mère. Je n’ai donc eu qu’à déplacer un peu le câble de la platine. Une bouffée de Pink Floyd’s The Wall m’a immédiatement montré que les Klipsch avaient de la conversation et du répondant !

“Les options de connexion sont dignes d’un ampli intégré”

C’est la pêche ! Pour moi, le son vinyle est parfait pour ressentir l’émotion ressentie au concert. Et il est clair que les Fives prennent plaisir à offrir à l’auditeur une ambiance chargée d’émotion. La puissance, l’espace, les basses, rien ne manque. D’ailleurs, les basses,  on peut dire qu’elles elles ne manquent vraiment pas. Elles pourraient même ne fût-ce qu’un tout petit peu manquer… Dans ma configuration, elles étaient trop, disons, généreuses, pour ne pas dire envahissantes. Je ne m’y attendais pas du tout venant de si petites enceintes. Je les ai donc repositionnées en les écartant plus du mur arrière, et j’ai pu enfin jouir d’un équilibre naturel. 

L’étage phono n’a vraiment pas à rougir de sa qualité. Je me suis même senti un peu mal quand je n’ai constaté qu’une petite différence avec mon pré-pré coûtant presqu’autant à lui seul que les Fives. Je me tourne alors vers l’écoute d’un bon vieux CD. Je dispose d’un lecteur T + A 1240 avec sortie numérique pour attaquer l’entrée Toslink de la Klipsch. La compilation «Blues for a rotten afternoon» ne contient bien sûr pas des morceaux particulièrement affriolants, mais c’est le premier parmi mes CD de référence qui me soit tombé sous la main.

Avec le CD, j’ai aussi eu droit à ce que j’appellerais le son Klipsch typique : la scène sonore est placée devant l’axe des enceintes, contrairement à mon propre ensemble d’enceintes B&W, qui place la scène beaucoup plus en arrière. Il faut un certain temps pour s’y habituer, mais Klipsch crée un «son» qui vous entraîne au cœur de la musique, probablement à l’emplacement même du chef d’orchestre, alors que mes B&W me placent plutôt dans un fauteuil au premier balcon. Même si j’aime une image sonore plutôt profonde, je me laisse facilement séduire par cette immersion toute proche des instruments depuis que j’ai goûté au son Cabasse il y a une vingtaine d’années. Il faut dire aussi que les Fives projettent un peu moins que les brillantes Heresy IV qui sont championnes de ce genre de restitution.

“L’étage phono n’a vraiment pas à rougir de sa qualité”

XXIe siècle oblige, j’ai aussi testé le son via Bluetooth. La connexion à mon Smartphone Samsung S7 s’est déroulée sans accroc et j’ai pu profiter immédiatement du son de haute qualité de Tidal et de la pléthore de morceaux proposés par Spotify. Les Fives se sont montrés bien indulgents face à la pauvre qualité sonore offerte par un compte Spotify gratuit (du MP3, l’ennemi de la haute-fidélité !), en particulier grâce à l’énorme son produit par le pavillon et le haut rendement caractéristiques des enceintes Klipsch. Pour les morceaux en haute qualité livrés par Tidal, pas de problème : les Fives se sont montrées à la hauteur, et le plaisir d’écoute était bien présent.

Klipsch The Fives banc d'essai

Je ne voudrais pas passer sous silence le confort que Klipsch nous offre avec sa télécommande bien conçue. Même si le contrôle manuel par gros potentiomètres (eux aussi très « vintage ») placés sur le dessus de l’enceinte-mère est ludique, on a vite fait de ne plus utiliser que la télécommande pour choisir la source et régler le volume. 

Conclusion

Les Klipsch The Fives : un superbe ensemble d’enceintes actives de petit format vous offrant un son si énorme que vous vous demandez où sont passées vos lunettes pour voir d’où il peut bien sortir… Les options de connexion sont généreuses, y compris une prise HDMI-ARC qui en fait un concurrent dangereux pour les barres de son, et, oui, une connexion tourne-disque. Ajoutez à cela les qualités  subjectives de son très présent créées par les pavillons Klipsch et ces petites enceintes deviennent réellement irrésistibles. Il y a bien sûr certains types de musique ou d’écoute qui peuvent ne pas leur convenir. Pour ceux-là, des enceintes offrant une scène sonore profonde où les instruments sont parfaitement focalisés conviennent mieux. Mais pourquoi ne pas avoir les deux types d’écoute chez vous ? Vos enceintes pour une écoute plus « audiophile » et les Klipsch pour une écoute plus « festive ». Sans faire double emploi, l’achat des Klipsch se justifierait alors comme alternative à une barre de son pour votre TV, tout en vous offrant de temps en temps un son plus « fun » pour votre musique. Après tout, vous avez bien du Bourgogne ET du Bordeaux dans votre cave, non ?

“La puissance, l’espace, les basses, rien ne manque”

Le prix indicatif des Klipsch The Fives est de 899 € pour le set. Ce bel ensemble de haut-parleurs est disponible en deux versions dont une finition noire et noyer. Si vous souhaitez en savoir plus sur The Fives, n’oubliez pas de regarder notre review video ou de visiter le site Web de Klipsch.

Klipsch The Fives

899,-
8.6

Prestations

7.5/10

Fonctionalités

9.0/10

Rapport prix/qualité

9.5/10

Qualité de fabrication

9.0/10

Design

8.0/10

Pros

  • Concept tout-en-un, multifonctionnel
  • Le gros son pavillon sous un format minuscule
  • Prix particulièrement attractif eu égard au plaisir d’écoute

Cons

  • Pas le plus facile à installer, câble propriétaire un peu court
  • Réglage délicat du niveau des graves par le positionnement
  • Tissu vieillot des grilles : c’est voulu, mais il faut aimer
Points de vente de la marque klipsch